Le richissime Jack Lang roi de la pingrerie

Par MEDEF — Jack Lang, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6443715

Connu comme étant le père de la fête de la musique et le créateur des journées du patrimoine, Jack Lang est, comme on le sait, depuis janvier 2013 le tout puissant président de l’Institut du monde arabe (IMA). Ca c’est pour le côté officiel de l’ancien ministre de la Culture puis de l’Education nationale de François Mitterrand.

Mais il y a une face sombre du personnage sur laquelle les médias se montrent beaucoup plus discrets pour ne pas dire complaisants. Cet homme de gôôche a un rapport quasi maladif avec l’argent. Comme d’autres ont la phobie des feuilles d’impôt, lui c’est les factures qui l’indisposent. A l’époque où il était député de Blois il avait la réputation de ne pas payer son boucher. C’est que l’homme a de l’appétit mais des oursins dans les poches. Ouvrir son portefeuille est un geste qu’il ignore quand il se rend chez un commerçant.

A tel point qu’on raconte une scène inouïe survenue dans un restaurant en 1992. Au moment de régler l’addition l’homme qui a invité Lang à déjeuner sort une carte bleue.

Lang : C’est quoi çà ? C’est quoi cette carte ? Comment çà marche ? ».
Le type : Eh bien c’est une carte bancaire…et elle permet de payer !
Lang : Les restaurants ? 
Le type : Oui, entre autres, mais pas seulement… dans les boutiques, les stations-service, les supermarchés. Un peu partout.

Un dialogue hallucinant qui témoigne de l’ignorance totale de la réalité quotidienne que vit tout un chacun.
Et c’est ce triste sire, battu aux élections législatives à Mirecourt, sa ville natale dans les Vosges, qu’Hollande, nouveau président de la République, va nommer en 2012 « ambassadeur itinérant de la piraterie » (défense de rire) avant de le bombarder en janvier 2013 à la tête de l’IMA. Un « emploi réservé » à 9 000 euros par mois dans lequel Jack le rappeur va pouvoir se goinfrer comme c’est pas possible. D’abord en s’entourant dans son cabinet de ses fidèles compagnons des années Mitterrand, Catherine Lawless à la communication et Claude Mollard son conseiller culturel. Mais aussi de Monique, son épouse, surnommée « Madame Sans gêne », dont l’activité n’est pas rétribuée mais qui peut faire des notes de frais. Ensuite et surtout en bénéficiant de tarifs préférentiels à 25 euros au lieu de 60 pour lui et ses convives au restaurant « Zyriab » situé au 9e et dernier étage du bâtiment œuvre de l’architecte Jean Nouvel. Et les occasions de se régaler ne manquent pas à l’IMA avec les vernissages d’expositions au succès inégal et leur cortège d’invités d’honneur.

Il invite sans compter

Grand seigneur Jack Lang invite sans compter. C’est dans sa nature. Il oublie juste de payer. Aussi même à un tarif préférentiel la facture des repas s’allonge. Noura, le traiteur Libanais qui est délégataire depuis 2007 s’impatiente. Quand il présente l’addition qui s’élève à 41 000 euros, le président de l’IMA s’étrangle et voit rouge. Tout à sa colère il décide en octobre 2014 de casser le contrat au motif que le traiteur servait « une cuisine manquant de qualité, de diversité ». Il lui reproche aussi d’avoir « commis des fautes graves qui ont mis en danger l’institut ». Et dans la foulée il lance sur le site de l’IMA un appel d’offres pour trouver un autre prestataire en lui imposant des conditions draconiennes. Ainsi « le président de l’IMA devra bénéficier gracieusement et dans la limite de 1 000 couverts par an d’une table ouverte au Zyriab à longueur d’année » ? Ce n’est pas tout : « Le délégataire devra également assurer gracieusement un service café, thé, soft dans le bureau du président lorsque celui-ci reçoit des personnalités ». Une annonce pour le moins prématurée qui lui vaudra quelques réponses plus ou moins farfelues dont celle de son copain Djamel Debbouze.

En attendant Noura est aujourd’hui toujours en place au grand dam de Jack le procédurier, car l’IMA a perdu son procès en première instance et devant la cour d’appel. L’arrêt de la cour de cassation du 20 septembre 2017 annule seulement la condamnation de l’institut à payer 80 000 euros au traiteur au titre de préjudice moral et renvoie les parties devant la cour d’appel.

Un bras de fer qui ne va pas arranger la trésorerie de ce gouffre financier qu’est ce lieu culturel dédié au monde arabe dont la fréquentation n’est pas suffisante pour équilibrer un budget de 18 millions d’euros dont la moitié sert à rémunérer les 120 permanents. Le déficit de 12 millions dû en grande partie à la défaillance de la plupart des pays arabes qui ne règlent pas régulièrement leur participation est comblé depuis 2008 par une subvention annuelle versée par le ministère des Affaires étrangères. Autrement dit par le contribuable français.
Pas de quoi couper l’appétit de Jack le Magnifique. Pas de quoi l’inciter à faire des économies, bien au contraire, puisqu’il a prévu d’investir trois millions d’euros pour la remise en marche des fameux moucharabiehs de la façade arrière qui doivent s’ouvrir en fonction de la lumière.

L’homme politique le plus fortuné

Jack le généreux (avec l’argent public) se plait à jouer les modestes. Il parle de sa « petite bicoque » dans le Luberon, de son « petit appartement » de la place des Vosges. Une bicoque de 190 m2 et un appartement de 250 m2 tout de même. Même avec une retraite de ministre et de député le compte n’y est pas pour se constituer un tel patrimoine.

Et pour cause ! A cette question que beaucoup se posent, voilà que le magazine économique américain « People with money » qui publie chaque année la très attendue liste des « hommes politiques les mieux payés du monde » apporte une réponse. Tenez vous bien ! En une année, de février 2017 à février 2018 le bas de laine de ce « père la morale » a augmenté de 82 millions d’euros. Soit un bond de près de 50 millions d’euros par rapport à l’année précédente. Quand beaucoup de Français, les retraités en particulier, se plaignent que l’augmentation de la CSG rogne leur pouvoir d’achat on ne peut que se réjouir que cet homme de 78 ans parvienne à mieux s’en sortir que d’autres. A tel point que le magazine américain le place en tête du classement des hommes politiques les mieux payés au monde. Vous avez bien lu ! Jack Lang est sur la première marche du podium. Il fait mieux que Trump, « ce président de merde » comme il dit et laisse loin derrière Balkany.

Comment en est-il arrivé là ? Selon le magazine américain, en dehors de ses gains professionnels, Jack Lang dont l’immense fortune est évaluée à 245 millions d’euros aurait réalisé de judicieux placements boursiers. Outre son patrimoine immobilier conséquent et un très lucratif contrat publicitaire avec les cosmétiques Cover Girl, cet expert en radinerie posséderait plusieurs restaurants à Paris dont la chaîne « Chez l’gros Jack », un club de foot à Mirecourt. Il aurait aussi investi dans les vêtements de mode pour adolescents avec la ligne de vêtements « Lang séduction » ainsi que dans un parfum « L’eau de Jack ».

Une diversification dans les placements qui ne peut que nous laisser pantois d’admiration. Heureusement tout de même que la presse Etatsunienne est là pour nous informer. Car s’il fallait compter sur nos médias ! Et si ce gaucho-capitaliste commençait par rembourser ses dettes envers les commerçants et savait se montrait généreux avec ceux de nos compatriotes les plus démunis il en paraitrait, peut-être, plus humain ou pour le coup… moins détestable !