Coucou… Et revoilà Copé !

Comme si l’on n’attendait que lui ! Après 18 mois d’une cure forcée de silence médiatique suite à son éviction brutale de la présidence de l’UMP Jean-François Copé revient dans l’arène.

Quoi de mieux qu’un bouquin pour se rappeler au bon souvenir de ceux qui s’étaient empressés de l’oublier empêtré qu’il était dans le bourbier de l’affaire Bygmalion ! En publiant « Le sursaut français » qui parait le 20 janvier chez Stock, le député-maire de Meaux s’efforce de s’expliquer sur l’affrontement qui l’avait opposé en 2012 à François Fillon pour la présidence de l’UMP, sur ses relations compliquées avec les barons du parti, ainsi que sur la manière dont il a été jeté de la présidence en mai 2014. « J’ai touché la haine du doigt » dit-il. Revient-il pour régler ses comptes ? « J’ai remis de l’ordre dans mes idées ! » jure-t-il. Tiens, tiens ! on croirait entendre Sarkozy ou Juppé revenant sur la scène politique en affirmant : « J’ai changé ! ». Une phrase convenue destinée à faire oublier, sans doute, la mauvaise image laissée dans l’opinion par les affaires…

Le retour du banni

Car, même s’il s’est réconcilié avec quelques-uns de ceux qui avaient réclamé sa tête, à l’époque, Copé aura bien du mal à renouer des relations avec François Fillon et plus encore avec Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République, revenu en politique pour prendre la tête du parti gaulliste laissé en lambeaux par son prédécesseur, voit d’un mauvais œil le retour du banni qui a bien l’intention de se présenter à la primaire de novembre prochain.

Un candidat de plus, par conséquent pour cette élection qui s’annonce sanglante à droite. « Moi vivant jamais Copé ne sera candidat aux primaires ! » aurait déclaré Nicolas Sarkozy, selon le Canard enchainé. Une promesse de début d’année que celui-ci aura, sans doute, bien du mal à tenir. Comment empêcher l’ancien patron des députés UMP de se présenter ? Même s’il apparait bien seul, aujourd’hui, Jean-François Copé, à 51 ans, conserve encore quelques soutiens au sein de l’assemblée nationale, à commencer par Christian Jacob son ami et successeur à la tête du groupe.

Capacité de nuisance

Mais le député-maire de Meaux a aussi une capacité de nuisance. Le scandale des fausses factures de Bygmalion réalisées pour la campagne des présidentielles de 2012 est une épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête des deux hommes. Qui va porter le chapeau ? On peut faire confiance à Jean-François Copé qui a programmé une série d’interviews, de déplacements en province et d’émissions télévisées dans les jours et les semaines qui viennent pour commencer à régler ses comptes et laver son « honorabilité ».

Le plus difficile pour lui sera de se positionner. Le tenant de la « droite décomplexée » était absent de la scène politique alors que ses concurrents potentiels choisissaient chacun leur créneau. C’est aujourd’hui Nicolas Sarkozy qui incarne la droite identitaire et décomplexée. Le patron des Républicains dont le discours emprunte beaucoup au Front national n’a pas l’intention de permettre à un concurrent de marcher sur ses brisées. Et si l’on se réfère à un récent sondage d’Odoxa qui indique que 72% des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de lui, on se dit que la partie n’est pas gagnée pour le revenant Copé !