Quand une minorité veut imposer sa loi à la majorité

Sommes-nous encore en démocratie ou vivons-nous sous un régime oligarchique ? Une petite minorité d’individus s’est en effet arrogé le droit de décider pour le plus grand nombre. Une inquiétante dérive de la démocratie représentative dénoncée, notamment, par le mouvement des gilets jaunes.

Dans un discours à la chambre des Communes (11/11/1947) Sir Winston Churchill s’inquiétait déjà de cette dictature des minorités : « Un groupe d’hommes qui a le contrôle de la machine et une majorité parlementaire a sans aucun doute le pouvoir de proposer ce qu’il veut sans le moindre égard pour le fait que le peuple l’apprécie ou non ». Telle est bien la situation que connaît notre pays où la démocratie est confisquée par un clan composé d’élus, de banquiers et d’experts.

Un clan progressiste animé d’une volonté de bouleverser l’ordre naturel et d’en changer les règles pour satisfaire aux exigences d’une frange particulièrement remuante de la population. Ainsi depuis la fin des années 2000 les socialistes organisent-ils un changement de société à marche forcée. Voté sous Lionel Jospin en novembre 1999, le Pacte civil de solidarité (Pacs) répondait à une demande des couples de même sexe afin d’organiser leur vie dans un cadre juridique précis. Il ouvrait ainsi la voie au mariage homosexuel consacré en mai 2013 par la loi Taubira en dépit d’une mobilisation sans précédent et d’imposantes manifestations d’opposants organisées tant à Paris qu’en province.

Aujourd’hui c’est la PMA ou procréation médicalement assistée que le gouvernement va accorder aux couples de femmes et aux femmes célibataires au nom du sacro-saint principe du « droit à l’enfant ». Une possibilité qui était réservée jusqu’à présent aux couples hétérosexuels infertiles ou susceptibles de transmettre une maladie à leur enfant. Cette révolution sociologique d’une ampleur sans précédent aura pour conséquence de priver l’enfant d’un père, et lui interdira aussi de connaitre ses origines.

Contre-culture dissidente

Est-ce vers une société de robots, d’individus décérébrés, d’esclaves entièrement soumis à l’autorité que le pouvoir veut nous conduire ? Dans son ouvrage de science-fiction « Le meilleur des mondes » publié en 1932 Aldous Huxley imaginait des êtres humains tous conçus en laboratoire et conditionnés dès leur enfance. La réalité va rattraper la fiction en cette année 2019 où des politiciens inconscients jouent les apprentis sorciers dans le seul but de satisfaire aux revendications d’une minorité agissante le LGBTQ. Un lobby mondialiste qui s’est érigé en contre-culture dissidente sans se préoccuper des conséquences désastreuses de l’application de ces lois monstrueuses- parce que contraires à la loi naturelle-tant pour la France, que pour l’humanité.

On nous objectera que les Français sont majoritairement favorables à la PMA ! Certes ! Un sondage Ifop du 12 juin dernier indique que 69% des Français sont pour l’extension de la PMA aux femmes célibataires et aux couples de femmes.

Néanmoins, il n’est pas inutile de préciser que ce sondage a été commandé par l’Association des familles homoparentales (ADFH). Par ailleurs, la manière dont sont formulées les questions oriente singulièrement les réponses des personnes interrogées.

Il faut ajouter à cela qu’il n’est pas toujours aisé pour un sondé d’aller à contre-courant de l’opinion publique et de la pensée dominante largement façonnée par les médias, ceux que Noam Chomsky appelle les « chiens de garde » dans son ouvrage « La fabrication de l’opinion publique » (éditions Le serpent à plumes 2003). Pour le penseur américain le rôle des médias « entre dans le champ des ratés de la démocratie » (Wikipédia). Leur rôle, explique-t-il, étant de « fabriquer l’assentiment de l’ensemble de la population envers des politiques ».

Le pays réel n’est pas pour autant dupe de cette manipulation de l’opinion. On a pu le constater à l’occasion des manifestations des gilets jaunes où les médias et les journalistes ont été très souvent pris pour cibles. Cette rupture entre le peuple et les élites se manifeste également par la désaffection des citoyens à l’égard du politique que l’on observe tout particulièrement à l’occasion des élections où la moitié des électeurs ne se déplace plus pour voter.

Mais l’abstention n’est pas une réponse face à un pareil défi qui met en cause notre pacte social, menace notre mode de vie, l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Les Français, au premier rang desquels les patriotes, doivent réagir avec force contre ces atteintes à nos mœurs qu’on veut nous imposer. « Le monde est dangereux à vivre non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » disait Albert Einstein. Ainsi les minorités agissantes sont-elles largement encouragées par l’absence de réaction de la Bienpensance trop souvent soumise à la dictature du politiquement correct.

C’est ainsi que meurent en démocratie les majorités pacifiques et silencieuses. Ce que soulignait déjà en son temps Aristote dans cette citation célèbre : « La tolérance et l’apathie sont les dernières vertus d’une société mourante »