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Editorial

Face à Macron, l’union des droites est plus que jamais indispensable

par Alain Marsauguy

« Entre les communistes et nous (les gaullistes) il n’y a rien ». Cette formule d’André Malraux retrouve une étonnante actualité aujourd’hui. En un demi-siècle le paysage politique s’est bien transformé, les communistes ont quasiment disparu, les gaullistes se sont évaporés dans la nature. Etre de droite ou de gauche : les mots ont perdu de leur sens. Le nouveau clivage sépare désormais les nationaux, partisans de la souveraineté de l’état-nation, des mondialistes pour lesquelles les frontières ne sont plus qu’un héritage désuet du passé.

Le bénéficiaire de cette nouvelle donne est Emmanuel Macron l’homme qui a brouillé les lignes en faisant campagne sur une projet politique qui se voulait « et de droite et de gauche ». Une stratégie gagnante qui lui a permis d’asphyxier la gauche dans un premier temps et de siphonner la droite comme on vient de le voir à l’occasion de ces élections européennes avec la défaite écrasante des Républicains suivie de la démission de Laurent Wauquiez de la présidence du parti.

Un effondrement de la droite institutionnelle qui n’est pas pour déplaire – pardonnez l’euphémisme – au Rassemblement national. Voilà plus de 20 ans que le mouvement lepéniste prospère sur la désagrégation d’une droite qui a perdu ses repères, se déchire autour de la question européenne, du libéralisme et de la mondialisation, sans parler de la question migratoire.

Une droite dont les représentants se détestent, s’épuisent en querelles d’égo et en affrontements politiciens stériles. Une guerre des chefs qui dure depuis des années et rend inaudible leurs discours.

Terrorisme intellectuel

Mais c’est, bien sûr, le naufrage de la campagne de François Fillon, minée par les affaires, qui aura porté un coup fatal à ses électeurs. Une trahison que personne n’avait vu venir et qu’on n’aurait même pas imaginée dans le pire des scénarios. Une blessure de trop pour cet électorat traumatisé. Comment expliquer autrement que la droite, aujourd’hui largement majoritaire en France, déserte les urnes lors des rendez-vous électoraux ? Si elle veut retrouver un semblant de crédibilité qu’elle commence par faire passer l’intérêt du pays avant le cocardisme de parti. Longtemps victime du terrorisme intellectuel qui interdisait toute pensée non conforme au catéchisme de la gauche « morale », la droite française s’est elle-même piégée en refusant délibérément de nouer des alliances avec ce parti « infréquentable » qu’était le Front national.

Résultat, le parti Les Républicains est aujourd’hui en miettes. C’est le sauve-qui-peut chez les élus qui craignent pour leurs mandats. Certains lorgnent vers La République en marche, d’autres sont tentés par le Rassemblement national. Une fois encore la droite institutionnelle va devoir se trouver une nouvelle identité et réfléchir à la définition d’une ligne politique claire, plus rassembleuse que celle de Laurent Wauquiez.

Pour se reconstruire et retrouver sa place lors des échéances électorales futures, à commencer par les municipales de mars 2020, la droite traditionnelle va devoir définir un programme politique crédible. Pas évident pour une formation coincée entre la Rem et le RN. Elle ne pourra survivre qu’en participant à une grande alliance réunissant toutes les familles de la droite française dont le Rassemblement national est désormais l’acteur incontournable.

Plate-forme commune

Comme la gauche l’avait fait en 1972 avec le programme commun de gouvernement signé entre le Parti socialiste et le Parti communiste qui a permis l’élection en 1981 de François Mitterrand à la présidence de la République, les différentes composantes de la droite doivent réfléchir à la définition d’une plate-forme commune. A Béziers en 2016 avec Robert Ménard comme à Angers en mars 2018 des personnalités de droite s’étaient réunies pour lancer une dynamique en vue de favoriser une union de la droite et proposer une alternative à la politique de Macron. Des tables rondes pour lesquelles les deux grands partis Les Républicains et le Rassemblement national n’avaient pas envoyé de représentants officiels.

Pourtant s’il existe des divergences entre les deux formations politiques, les points de convergence sont bien plus nombreux. Qu’il s’agisse de la défense de la culture, de l’identité, de la restauration de l’autorité de l’Etat en matière de sécurité comme au contrôle des frontières, de l’affirmation de la souveraineté nationale ou la question des libertés tant individuelles qu’économiques, voire sur la question des lois bioéthiques et de la politique familiale, toutes les formations politiques se réclamant de la droite partagent des valeurs communes.

C’est à partir de ce constat que Marion Maréchal a relancé dimanche sur LCI le concept de l’Union des droites partant du principe que « le Rassemblement national ne peut pas capter à lui seul l’ensemble des personnalités politiques, des élus ou même des électeurs » de droite. Les élections présidentielles auront lieu en 2022. La droite n’a donc plus que trois petites années pour s’organiser et éviter que 2022 ne soit que le remake de 2017. Dans la conjoncture politique actuelle un duel opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron tournerait inévitablement à l’avantage du second qui verrait s’ouvrir devant lui un nouveau quinquennat.

Les responsables politiques de la droite n’ont plus guère le choix. S’ils n’arrivent pas à s’entendre, ils se condamnent à rester dans l’opposition pendant des années. Ainsi se vérifierait une fois de plus la terrible sentence prononcée en 1956 par le socialiste Guy Mollet : « La France a la droite la plus bête du monde ». Souhaitons que pour une fois il soit démenti !

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