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Editorial

L’échec de Fillon va précipiter la recomposition de la droite

par Alain Marsauguy

On en parle depuis des années, mais cette fois, devant l’ampleur du désastre de l’élection présidentielle, la droite doit nécessairement se recomposer autour de ses valeurs.

La leçon du premier tour est sévère. Les électeurs ont dynamité le paysage politique français. Le Parti socialiste sort moribond de l’épreuve. Tout aussi cruelle est la situation du candidat de la droite et du centre écarté du second tour. Une raclée phénoménale pour les deux partis de gouvernement qui se partageaient le pouvoir depuis des décennies !

Certes, François Fillon porte une large part de responsabilité dans l’échec de son camp. Mais il n’est pas le seul coupable de la débâcle historique de ce 23 avril 2017. Loin de là ! En fait celle-ci était largement prévisible. Depuis des années les électeurs de droite se détournaient de leurs dirigeants qui, une fois au pouvoir, les trahissaient en menant une politique de gauche.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Nicolas Sarkozy avait obtenu 11 448 663 voix à la présidentielle de 2007. Il n’en retrouvait que 9 753 629 quand il se représentait cinq ans plus tard. En 2017, François Fillon n’en a réuni que 7 126 632. Plus de 4,3 millions de voix perdues en dix ans. Une hémorragie qui aurait dû interroger les dirigeants de la droite et les décider à engager la nécessaire recomposition à laquelle ils rechignaient depuis des années.

Au lieu de cela ils ont continué à trahir régulièrement leurs électeurs qui ont fini par se lasser et sont venus grossir les rangs du Front national. Résultat, depuis les élections départementales de 2015, le parti de Marine Le Pen est devenu le premier parti de France et la candidate du Front national a éliminé celui de la droite et du centre au premier tour de l’élection présidentielle 2017.

Mais comme « la droite française est la plus bête du monde », pour reprendre la célèbre formule de Guy Mollet, le candidat Fillon, n’a rien trouvé de mieux, une fois connue sa défaite, que d’appeler ses électeurs à voter pour son adversaire, Emmanuel Macron, l’ancien ministre de l’Economie de François Hollande. Celui-là même dont il se moquait quelques jours plus tôt en le rebaptisant Emmanuel Hollande ou François Macron.

Prendre les électeurs pour des imbéciles ou des girouettes est bien ce qui caractérise les actuels responsables de la droite française. Comment Fillon peut-il imaginer un seul instant que les traditionalistes et les militants de la Manif pour Tous qui l’ont soutenu pendant toute sa campagne vont obéir à cette consigne politique absurde ?

Faute d’avoir engagé à temps la nécessaire recomposition, celle-ci a commencé contre eux et va se poursuivre sans eux. Les initiatives ne manquent pas en effet menées par des personnalités de droite comme l’ancien ministre Philippe de Villiers, l’historien Patrick Buisson ou le journaliste Eric Zemmour réunis dans cette « Droite hors les murs » qui ne se réclame d’aucun parti. Egalement proche de cette mouvance Robert Ménard, le dynamique maire de Béziers, proche du FN, avait organisé l’année dernière un colloque rassemblant des patriotes venus d’horizons différents afin de construire un socle de valeurs communes. 

L’énorme tsunami provoqué par l’élimination de la droite de la course présidentielle aura nécessairement des conséquences politiques avec l’éclatement prévisible du parti Les Républicains soumis à de graves tensions internes comme l’ont montré les primaires et désormais l’absence de leader depuis l’échec de Fillon . Et qui peut dire ce qui se passera dans les mois qui viennent au Front national où deux courants idéologiques s’affrontent, les « nationaux républicains », souverainistes et étatistes autour de Florian Philippot et les « nationaux catholiques » à l’approche plus identitaire, derrière Marion Maréchal-Le Pen ? Décidément cette élection présidentielle 2017 a comme une odeur de révolution !

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Parler français sur un chantier en France, quelle horreur !

Un véritable tollé. Vous rendez-vous compte ? Vouloir imposer l’usage du français à des travailleurs étrangers sur les chantiers, quoi de plus normal ! Eh bien non vous êtes dans l’erreur ! Pour le politiquement correct, la « clause Molière » est une mesure « discriminatoire », voire « raciste ».

« C’est scandaleux. C’est insupportable. Ca me met hors de moi ! » s’insurge Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. « C’est la marche vers la préférence nationale. On suit les traces du Front national et c’est absolument scandaleux » renchérit Philippe Martinez, patron de la CGT. Au Medef on tient à peu prés le même discours : « Vous commencez comme çà et puis vous commencez à faire du favoritisme, et puis ensuite vous fermez les frontières françaises et puis vous finissez par sortir de l’euro » accuse Pierre Gattaz, le représentant des patrons français. Voilà au moins un sujet sur lequel patronat et syndicats sont d’accord !

C’est en mars 2016, il y a tout juste un an, que Vincent You, adjoint au maire (LR) d’Angoulême et directeur de l’hôpital de Confolens a l’idée d’instaurer la « clause Molière » afin de lutter contre la directive européenne des travailleurs détachés en France. Elle stipule que si les entreprises retenues par appel d’offres sur les chantiers des marchés publics financés par la collectivité ne peuvent garantir l’usage et la compréhension du français par les salariés, elles ont l’obligation de rémunérer un interprète assermenté auprès du tribunal. « En tant que maitre d’ouvrage, je suis responsable de la sécurité du chantier, expliquait l’an dernier Vincent You à Sud-ouest. Comment la garantir si tout le monde ne parle pas la même langue ? Pour moi l’argument est imparable » affirmait-il.

La sécurité est en effet primordiale dans le BTP, un domaine très technique où les plans et instructions doivent pouvoir être compris de tous. La maîtrise du français étant aussi indispensable pour permettre aux différents corps de métiers de dialoguer entre eux. Une clause de simple bon sens pour tenter de réguler le flux massif de travailleurs étrangers dont le nombre officiel est passé de 7500 en 2000 à 286 000 en 2015. Chiffre auquel il faut ajouter au moins autant de travailleurs clandestins. Des départements, Haut-Rhin, Charente, Nord, Vendée, Corrèze. Des villes comme Bourges, Montfermeil, Chalon-sur-Saône. Plusieurs régions, Hauts de France, Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes ont adopté la clause Molière sans soulever la moindre opposition. Il faudra que la fameuse clause vienne en discussion devant le conseil régional d’Ile-de-France pour que les passions se déchaînent.

Un désastre économique pour la France

« C’est une tentative d’imposer la préférence nationale » dénoncent les élus d’opposition Front de gauche. Peu leur importe que l’entrée massive de ces travailleurs étrangers détruise des centaines de milliers d’emplois en France ! Que cette main d’œuvre bon marché ne paye aucune cotisation sociale dans notre pays ! « Que des milliers d’entreprises fictives se montent avec une simple boite aux lettres ne les atteint pas, dénonce Natacha Polony dans le Figaro des 18-19 mars. Ce que les préoccupe c’est le racisme sous-jacent, le repli identitaire qu’ils décèlent, non seulement chez les promoteurs de la « clause Molière », mais chez tous ceux qui dénoncent le recours généralisé à des travailleurs des pays de l’Est pour faire baisser le coût du travail ».

Un désastre économique pour la France qui n’émeut pas davantage Bernard Cazeneuve. Le Premier ministre qui croit faire de l’esprit en rebaptisant « clause Tartuffe » cette disposition protectrice des travailleurs français a parlé d’une « mesure ouvertement discriminatoire » le 15 mars devant le conseil économique social et environnemental (CESE), craignant qu’elle entraîne « des mesures de rétorsion à l’étranger » vis-à-vis des travailleurs français.

Quelle hypocrisie ! Qu’elle tartufferie ? Quelle imposture pour celui qui prétend lutter contre le chômage des Français en ouvrant largement les frontières à la main d’œuvre étrangère ? Et que penser du ministre de l’Economie et des Finances qui estime que la clause Molière est « raciste, discriminatoire, inapplicable ». Michel Sapin qui a saisi la direction des affaires juridiques du ministère pour essayer de la faire interdire ! « Consulte ta raison. Prends sa clarté pour guide » conseillait Molière dans une citation célébre. Encore faudrait-il que ces idéologues soumis à l’Europe de Bruxelles soient encore capables de raisonner !

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